Les grandes crises économiques commencent toujours par de petits “gémissements” !


 

Les grandes crises économiques commencent toujours par de petits “gémissements”  ou signaux faibles

Dans notre monde financier globalisé, depuis quelques mois, on se bouche les oreilles  pour ne pas entendre ces  « signaux faibles »….Aujourd’hui il faudrait peut être commencer à ouvrir  ses oreilles & ses yeux !

Quelques éléments de réflexion  sur les équilibres et déséquilibres économiques :

France :

Population active : Nous avons environ 29 millions d’actifs,  sur une population de 66 millions, soit 43.9%, à comparer, si nos sources sont justes, à une moyenne de 60 % en Europe de l’Ouest ( chiffres étonnant trouvés sur statistiques CE) ou en Amérique du Nord, 70% en Chine, et 54 % au Japon. Il est assez surprenant de constater que nous avons moins d’actifs que le Japon, cela s’explique certainement  par une population plus jeune en France qu’au Japon.

Espérance de vie à la naissance est de 79 ans pour les hommes et 85,1 ans pour les femmes en 2015. Cet indicateur a baissé pour la première fois depuis 1969 de trois mois et demi pour les hommes comme pour les femmes. Cette diminution est une première en France depuis 1969,faut il  éventuellement y voir là un signe de l’appauvrissement d’une partie de la population, qui n’a plus les moyens de se soigner , comme auparavant ? C’est à analyser.

PIB : Evolution ,2.1% en 2011 ,0.2% en 2012, 0,7% en 2013, 0.2% en 2014, et estimée à 1.1% en 2015, (alors qu’il était attendu 1.2% il y a encore quelques jours)soit une moyenne sur cinq ans de 0.88%. Nous avons là notre « trend »pour les x prochaines annéessauf à totalement chambouler nos méthodes de gouvernement et de gouvernance.

Investissement locatif , il marque le pas depuis le dernier trimestre 2015, cela s’explique, en partie, par l’encadrement des loyers qui a réduit significativement le rendement .

Ces chiffres démontrent  que la France, pays  endetté (comme beaucoup), a une dynamique très limitée, on peut  dire faible, mais relativement robuste, peu volatile, peu influencée par son environnement.

On pourrait  même avoir en 2016, une forte dégradation de la santé des entreprises très performantes ( celles qui exportent, et, qui seront touchées par la dégradation des émergents)) et une  amélioration de la santé des entreprises Franco-Françaises, tirées par un marché intérieur, affichant une croissance plus positive, que certains voisins…Un comble, ne soyons pas cyniques,  n’y voyons pas une stratégie politicienne juste avant 2017, c’est seulement le fruit du hasard, ou, de la méthode Coué.

Zone Euro :

PIB : Evolution ,1.6% en 2011 : moins 0.9% en 2012, moins 0,3% en 2013, 0.9% en 2014, et estimée à 1.6% en 2015, soit une moyenne sur cinq ans de 0.58%. Le moteur européen, c’est bien sur l’Allemagne , très exportatrice ,elle sera pénalisée par la situation des pays émergents, et ne retrouvera pas auprès de ses partenaires de la zone Euro, le soutien qu’elle serait en mesure d’attendre, L’économie Italienne a des marges de  progression, Les incertitudes politiques au Portugal et en Espagne qui serait en déflation?, seront elles, par contre déstabilisantes .

La zone Euro a un compte courant excédentaire de plus de 300 Milliards d’euros, on peut rappeler que cela doit être certainement déterminé par le vieillissement de la population, ou sa perte de confiance dans le système. C’est définitivement un excès d’épargne, de surcroit très peu rémunéré donc ne générant pas de la consommation !

Les Etats Unis :

Moteur mondial pour le moment, l’élément important dans ce pays, c’est l’inflation ! Il apparait qu’elle à accélérer à près de 0.7%, n’oublions pas la baisse du prix de pétrole, qui a un effet « négatif », à court terme, effet  qui devrait être bénéfique à moyen terme, hors pétrole, l’inflation « formelle » devrait, elle être proche de 2%.

La FED prend, elle comme référence, l’inflation liée aux « dépenses des ménages », celle-ci ressortirait à environ 1.3%. On note une plus haute inflation, dans le secteur de la communication (beaucoup moins de concurrence aux USA que dans la zone euro, 3 principaux aux US, ATT, T-Mobile et Verizon, plus d’une trentaine en Europe ) et dans l’éducation, qui est considéré comme un « investissement » aux USA, nombre d’universités envisageant même , d’allonger le nombre d’années nécessaires pour obtenir un diplôme de « Bachelor », nombre d’années qui passerait de quatre à cinq,alors que trois ans sont nécessaires au Québec, l’éducation est un business comme les autres aux USA !

 Espérance de vie: elle baisse depuis cinq ans aux USA, en partie à cause de l’obésité.

Enfin aux USA, on remarque que la baisse du chômage est  due, aux non-inscriptions (lassitude) et à la forte hausse du nombre des « autoentrepreneurs -Ubérisation» une nouvelle forme de prolétariat.

Quant au secteur de la construction individuelle, on peut imaginer, vu un appauvrissement certain de la population, que celui-ci ne devrait pas progresser, dans les prochaines années, sauf à offrir à nouveau des crédits aux insolvables (subprimes) ce qui est souvent le cas déjà dans l’automobile ….

Je ne parlerais pas de l’industrie manufacturière qui doit déjà être en récession, à , l’exception de l’industrie de l’armement.  

D’autre part, comme  le disait Churchill, bien évidement même les américains ne croient pas aux statistiques qu’ils produisent.

La Chine :

Pour ceux voyageant régulièrement en Chine, ce n’est pas une surprise, cela fait déjà plusieurs années, que l’on constate un changement de comportements des chefs d’entreprises locaux qui sont beaucoup plus à la chasse aux commandes qu’auparavant.

Le chef du bureau des statistiques qui a été « remercié » le 27 janvier, nous annonçait une croissance de 6.9% en 2015 !La Chine qui va voir sa population active baissée de 220 à 250 millions dans les 25-30 ans, est dans une phase de développement des services, ce processus peut être long.

J’oublierais les banques chinoises qui doivent avoir entre 15 et 25% de prêts « subprimes », peut être refinancés partiellement par du « Shadow Banking ».

Enfin dans ce pays, le plus important est de ne pas « perdre la face ». Comme Churchill, et comme les américains, bien évidement même les chinois ne croient pas à leurs statistiques, mais, ils ne veulent surtout pas perdre la face, pour ceux qui connaissent la Chine, c’est déterminant.

Japon: Celui ci affiche depuis, hier, le 28 janvier des taux négatifs, c’est un vrai retour en arrière pour le premier ministre japonais Shinzo Abe,  qui  semblait avoir trouvé la bonne formule pour le Japon en 2013. Son PIB se redressait alors, grâce à une forte baisse du yen, et , grâce à une plan de soutien de l’économie de 80 milliards d’euros.

Pour ce pays très endetté (dette détenue essentiellement par les retraités Japonais). Sa politique avait alors  fait remonter les taux d’intérêt à long terme.   ce qui avait inciter les banques et les assureurs-vie nippons à vendre une partie de leurs obligations d’Etat nationales!

Que va devoir imaginer Shinzo Abe aujourdhui , Japon, qui a semble-il tout essayé, car lui ne croit pas au Quantitative Easing !

Le Monde :

L’acquis de production mondiale semble montrer une assez forte décélération, en fin d’année, avec des contributions négatives, des Etats Unis, du Moyen Orient, de l’Afrique et de l’Amérique Latine.

En résumé, pour nous le seul point positif aujourd’hui, vient de la BCE avec son « Quantitative Easing » qui, après celui des USA, peut de plus en plus être assimilé à une addiction, qui sans cesse renouvelle l’espoir, Mario Draghi reconnaît même que ses prévisions sur l’inflation,  faites précédemment étaient  bien trop optimistes . Il faut aussi reconnaître, que, c’est bien la première fois qu’on inonde les marchés de liquidités, et que cela ne génère pas d’inflation.On  l’impression que Super Mario apprends les conséquences de ses décisions en même temps que nous ..L’économie est une science difficile, et imprévisible, même pour les économistes …

De nouvelles mesures seront prises afin d’espérer voir l’inflation converger vers les 2%, cela suffira il à doper (sans jeu de mot avec addiction) les marchés financiers ?

Conclusion :

Considérant que,

Le PIB mondial devrait être légèrement inférieur à 80.000 milliards de dollars en 2015.

Qu’il est à mettre en parallèle au :

Le « Shadow banking » ou  finance de l’ombre qui avait progressé de 7 % en 2014, et qui a dû vraisemblablement encore progressé en 2015. Cette finance représente près de 120 % du PIB des grandes économies du globe. Ces activités de financement (Soit 50 % du système bancaire et un quart du total des actifs financiers.)Sont menés par des « hedge funds », et des fonds de « private equity » ou « trusts ». Le « Shadow banking » a progressé de 60% depuis la crise de 2007/2008.

 Enfin aucun grand pays ne se semble avoir aujourd’hui  de fondamentaux sains.On trouvera des fondamentaux sains, seulement dans les petits « pays » Hong Kong, Singapour, Suisse, Luxembourg, Autriche, mais cela est une autre histoire …..

Malgré que le pire ne soit jamais certain, il est donc toujours conseillé d’être bien entendu, en permanence  très à l’écoute des petits « gémissements » de l’économie, car les grandes crises ne commencent jamais par de grands « big bangs ».Le secteur financier, et, nos gouvernements, et nous tous  n’ayant aucun intérêt à créer une nouvelle panique, qui serait négative pour tous et toutes, et, qui ne ferait qu’aggraver la crise.

A vous d’analyser et de tenter de tirer votre épingle du jeu, car c’est de plus en plus un jeu, mais le comportement de chacun doit être loyal et  responsable !