USA Vs Europe la guerre économique


 

 USA Vs Europe, la guerre économique .Aujourd’hui encore plus qu’hier, les pays n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts. C’est assez clair, qu’en Europe on semble avoir un peu oublié l’analyse géo-économique, et, cela à cause de la théorie ou de l’idéologie de « l’ennemi principal » & à cause de l’organisation non aboutie des instances européennes.On semble de surcroît faire preuve d’une certaine naïveté économique.

Quelques faits récents :

 

Alstom 2013-2014 : Accusé de corruption dans plusieurs pays par le département de la justice américain, Alstom a plaidé coupable et passé un accord. Le montant de l’amende officialisée, le 22 décembre 2014 s’élevait à 772,29 millions de dollars.

Cette pénalité financière était la plus importante jamais infligée dans le cadre de la loi américaine sur les pratiques de corruption à l’étranger (FCPA).

Le vice-président monde d’Alstom fut interpellé par le FBI & incarcéré dans une prison de haute sécurité. Celui ci est toujours incarcéré et la branche énergies d’Alstom est passé sous le contrôle de l’américain GE.

 

BNP Paribas 2015 : La BNP Paribas a été condamnée par la justice américaine, le 1er mai 2015, à payer une amende de 8,9 milliards de dollars.

La banque avait plaidé coupable d’avoir fait transiter de 2004 à 2012 par les Etats-Unis de l’argent au nom de clients soudanais (6,4 milliards de dollars), cubains (1,7 milliard) et iraniens (650 millions de dollars). L’amende de 8,9 milliards de dollars correspondait aux sommes engagées plus frais (143 millions de dollars).

 

TOTAL 2015 :   Le géant pétrolier, après avoir démenti les accusations du régulateur américain de l’énergie la FERC (Federal Energy Regulatory Commission), lui reprochant d’avoir manipulé les prix du gaz naturel, est désormais dans le viseur de la CFTC (Commodity Futures Trading Commission).

 

Volkswagen 2016 : L’agence américaine de protection de l’environnement (EPA)  avait été mandatée par l’ONG International Council on Clean Transportation (ICCT) pour étudier les émissions de moteurs diesels. Elle débuta en mai 2014 des investigations avec son homologue californien, le California Air Ressources Board (CARB) .

Ce qu’on a appelé le « dieselgate » risque de coûter cher à Volkswagen. Le constructeur automobile allemand devra au total verser près de 15 milliards de dollars pour échapper à un procès aux Etats unis.

Enfin, le compromis prévoirait également le paiement d’une amende de 2,7 milliards de dollars aux agences fédérales et californienne de protection de l’environnement et le financement à hauteur de 2 milliards de dollars de technologies d’émissions propres.

 

DEUTCH BANK 2016 : Les États-Unis ont requis une amende record pour cette banque européenne afin de mettre fin aux poursuites contre la première banque allemande accusée d’avoir vendu des titres adossés à des crédits immobiliers toxiques avant la crise. Le ministère de la Justice américain réclame donc 14 milliards de dollars à la Deutsche Bank, accusée d’avoir induit en erreur des investisseurs en leur vendant des produits structurés, adossés à des crédits immobiliers toxiques (subprimes) avant la crise de 2007-2008.

 

Si on était paranoïaque, on pourrait dire que la stratégie américaine est intervenue à un moment opportun. Après les sanctions prises par l’Europe à l’encontre de la Russie qui ont fortement pénalisé les exportations européennes. Cela faisant suite à la baisse de croissance en Chine. Ces deux évènements déstabilisant fortement le commerce extérieur européen.

Et si on était vraiment paranoïaque, on imaginerait que La première étape de l’attaque consiste à « attaquer » ses propres entreprises, comme ce fut le cas en 2013, General Motors était alors accusé de fraude, l’amende s’élevait alors à 1,6 millions de dollars. Une attaque contre une entreprise américaine éviterait d’être taxé de favoritisme.

On pourrait se poser la question, qu’est donc devenu le fameux « doux commerce » dont parlait Montesquieu ? En fait, une guerre économique farouche se déroule sous nos yeux, L’Europe est en guerre mais elle fait semblant de ne pas le voir, et refuse de l’accepter. Une guerre économique, une guerre sans mort apparemment, et pourtant une guerre à mort » pour reprendre les mots de François Mitterrand.

L’application assez invraisemblable de l’extraterritorialité du droit américain a vraisemblablement affaiblie de nombreuses entreprises européennes. Elle est basée sur la lutte anti-corruption, le respect des embargos américains, le combat anti-terroriste. L’objectif affiché semble être l’efficacité économique, la moralisation des affaires, l’établissement des conditions d’une concurrence libre, ouverte et équitable partout dans le monde. Il faut noter, que cet extra-territorialité se propage à la faveur de l’abandon du droit international, à la faveur de la faiblesse du régalien et de la négation de la puissance de mise en Europe. Elle constitue un élément majeur de la stratégie de « contrainte globale » – qui renouvelle la stratégie des Etats Unis.

 

Car on l’a oublié, les Etats unis sont toujours un pays de pionniers, et, le droit américain reflète une conception de l’ordre social fondé sur la concurrence darwinienne pour la survie qui élimine les plus faibles

Enfin, cet affichage moral, est souvent précédé de campagnes de presse appuyées par des ONG (dont celles de Georges Soros) qui donnent une légitimité aux actions en justice.

Billet déjà publié sur plusieurs Huffpost et autres medias.

Conclusion :

Alors qu’au cours des huit dernières années, nous avons eu un président Obama apprécié des Européens, ce qui n’a pas empêché une guerre économique acharnée, que va-t-il se passer au cours des quatre prochaines années avec ce nouveau président Trump, vilipendé par beaucoup ?

Vraisemblablement la prochaine étape sera une guerre fiscale ou douanière , des droits discriminatoires étant appliqués aux entreprises non US important aux USA,  des biens ou sous ensembles pour leurs filiales aux Etats Unis.

Enfin, il est normal, que les pays démocratiques se livrent des guerres économiques, c’est pourquoi . Il est aussi temps de revenir dans notre Europe peu unifiée, à la géo-économie, c’est-à-dire à la pure l’intelligence économique. On la définira comme la reconnaissance d’un « intérêt de puissance » pour les Etats, obligeant ces derniers à défendre et à promouvoir leurs intérêts économiques nationaux sur leur territoire ainsi qu’à l’étranger. L’intelligence économique c’est la stratégie militaire appliquée à la géo-économie, et nous sommes en guerre !

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