Rétablir le pouvoir d’influence ou soft power de la France


Rétablir le pouvoir d’influence ou soft power de la France. Depuis quelques années, la France perd lentement, face à de nombreux marchés, son Soft Power, ou pouvoir d’influence sans que quiconque s’en aperçoive où s’en soucie. Cela fut encore plus flagrant en 2015 et 2016. Il est temps de s’atteler à ce problème passé inaperçu depuis trop longtemps.

Comme d’habitude, cela n’aura pas été une bonne année pour le commerce extérieur français qui continue de plomber l’économie. Selon les chiffres publiés récemment, le déficit de la balance commerciale de la France s’est creusé en 2016 pour atteindre -48,1 milliards d’euros contre un déficit de – 45 milliards en 2015, soit une augmentation de 3,1 milliards d’euros. Le trop faible nombre d’ETI , la timidité des industriels français et leur mauvais positionnement par rapport à leurs concurrentes étrangères allemandes, italiennes ou espagnoles pour l’Europe demeurant les principaux facteurs explicatifs de ces mauvaises performances.

Par ailleurs, selon la Banque de France, le solde de la balance des échanges de biens et services entre la France et l’étranger s’est lui aussi dégradé l’an dernier de près de 12 milliards à -27 milliards.

Cela s’explique par l’effet des attentats sur le tourisme, attentats qui expliquent un tiers de cette baisse. La moitié de cette baisse est-elle imputable à des services à haute valeur ajoutée, ingénierie et recherche et développement. Ne nous voilons pas les yeux, nous sommes confrontés à un nouveau phénomène sujet d’inquiétude.

 

Place de la France dans le monde.

Pour en finir avec les chiffres, Il est bon de rappeler que la France qui représente moins de 1% de la population mondiale, produit 5% des richesses de ce monde

Rappelons, que beaucoup de pays sont frappés par notre éternelle obsession française relative à notre place dans ce monde. Il est assez évident que nous la surestimons ou la sous estimons en permanence et que nous n’aimons rien tant que de débattre de ce sujet à l’infini.

La lucidité étant le préalable de l’action efficace, aucune de nos ambitions ne pourra aboutir si elle n’est pas ancrée dans le principe de lucidité. Et cessons de tomber dans la sous-évaluation, l’autodépréciation ou le dénigrement. Cessons aussi avec nos excès de prétention souvent perçus comme la marque de la France, et des Français.

Après avoir fait ce bilan, attachons-nous aux opportunités qui se présentent à nous !

Tout d’abord n’oublions pas que nous sommes Numéro UN du luxe, de l’aéronautique, du nucléaire, des cosmétiques, du B.T.P et numéro un ou deux de l’agriculture/agro-alimentaire.

N’oublions pas non plus, que bien qu’il n’y ait pas de classement, nous sommes aussi certainement NUMERO UN de la gastronomie.

Enfin rappelons, que quand les autres parlent de « way of living » nous avons-nous un « art de vivre »

Mais ce que nous avons oublié, c’est d’œuvrer ensemble au rayonnement international de notre France.

Prenons exemple sur le Comité Colbert, créé en 1954 à l’initiative de Jean-Jacques Guerlain. Ce comité qui porte le nom d’une figure marquante de l’histoire française, Jean-Baptiste Colbert s’attache à perpétuer la renommée du savoir-faire français à travers le monde.

Retrouvons un Colbert du XXI siècle, égal à celui qui a encouragé la création de manufactures, qui a encouragé l’exportation, qui a développé la marine, et l’aménagement des ports …

 

Soft Power de la France dans le monde.

 

Ce qu’a fait le comité Colbert, porte un nom cela s’appelle Le soft power, un pouvoir oublié par beaucoup en France aujourd’hui.

Rappelons que le soft power, n’est jamais brutal, c’est une force douce, peu visible, et par ce biais d’autant plus efficace.

Car on a eu tendance à l’oublier, l’influence d’un pays peut emprunter bien d’autres voies que la diplomatie ou la guerre. La France a longtemps su tirer profit de ses atouts philosophiques, artistiques, géographiques, linguistiques, culturels, etc., elle doit aujourd’hui redéfinir une stratégie claire pour retrouver ce Soft Power perdu au fils des manifestations violentes, des attentats et autres faits divers repris en boucle par les chaines de news du monde entier.

Si nous avons perdu au fil du temps, une grande partie de notre soft power, cela s’est fortement accéléré avec l’arrivée du numérique et la standardisation du monde. Standardisation générée par les smart phones et autres applications. Les forces de ces nouveaux acteurs ont d’autre part été démultipliées par l’univers numérique Elles ont formaté nos esprits, format très éloigné du soft power à la française.

Vu la taille de notre pays, nous devons reconnaitre que nous avons maintenu une position relativement significative dans le « hard power » la diplomatie et force militaire.

Moi président, je redévelopperais notre « Soft Power » afin de faire oublier les heures noires que notre pays a subi. Je redéployerais intensément les armes douces de l’influence voire de la séduction, pour retrouver l’aura perdu de la France, je ferais la promotion de notre romantisme, de notre littérature, de nos films, de nos bandes dessinées, de nos musées et œuvres d’art, de nos exploits sportifs ou scientifiques. Enfin nous sommes Numéro Un dans la plupart des produits et services consommés par les plus riches de notre planète, cessons par obsession de la lutte des classes d’être muet sur notre réussite sur ce segment de marché

Si nous ne voulons pas que la France disparaisse des radars, Réapproprions-nous cette « force douce » peu visible mais très efficace !

Car la France a disparu dans de nombreux domaines :

Médical : Edward Jenner passe en effet pour un des découvreurs de la vaccination naturelle contre la variole, il n’est pas le premier à avoir réalisé cette opération. Elle était pratiquée en Chine depuis le XVIe siècle, on a aussi oublié Pasteur qui a été le premier à « cultiver » un vaccin. De surcroit, la plupart des publications sur la génétique et le génie génétique sont comme par hasard, sur des travaux principalement américains, cela laisse peu de place à d’immenses découvertes non américaines passées sous silence ?

IT : on présente le premier micro-ordinateur comme étant le Commodore PET, lancé en 1977 , on Oublie le Micral créé par le Français François Grenelle en 1973.

Aviation, on parle des frères Wright… on oublie Clément Adler,

Avant les IT, Les américains étaient déjà les champions du Soft power, Hollywood et la happy ending de ses films, séries télévisées.

Il est clair que, la France, a oublié de promouvoir son Soft power ,et elle n’est pas la seule !

Les États-Unis sont eux depuis leur création un des maîtres du soft power.la France jusqu’au XIX e siècle en était un acteur important, cela par sa capacité d’innovation sociopolitique ,création des Jeux olympiques modernes, Siècle des Lumières, par sa langue diplomatique depuis les traités de Westphalie, 1648, par sa littérature, par son attractivité sur les artistes ou par son rayonnement scientifique. La France avait alors une capacité indéniable d’attraction et d’influence.

 

Mais nous n’avons pas vu venir le bouleversement de la situation à cause du déplacement vers la sphère numérique du théâtre d’opérations que sont, la culture, les arts, les sciences…Sphère numérique, largement maîtrisée par les Américains., un rouleau compresseur qui décolore notre vision du passé, du présent… et de l’avenir.

Le soft power est devenu le software power.

Nous avons baisser la garde, si nous voulons reconquérir notre position dans la compétition internationale, grâce au soft power, nous devons nous employer à récupérer notre pouvoir d’influence .Le terrain de confrontation a changé et il va falloir nous y adapter. La France a des atouts indéniables, le luxe, l’aéronautique, le nucléaire, les cosmétiques, le B.T.P, l’agriculture/agro-alimentaire, la gastronomie, Colbert a utilisé ces armes dans le passé, pourquoi avoir honte aujourd’hui de reconquérir notre pouvoir d’influence grâce à nos industries du secteur du luxe, du nucléaire ou de l’agriculture intensive ?

Billet déjà publié sur plusieurs Huffpost et autres medias.

Conclusion :

 

Ma priorité serait de gagner cette guerre du Soft Power, et lorsque nous aurons ré établie notre position dans cette compétition mondiale du Soft Power, je m’attacherais à développer un modèle de Soft Power Européen, et là ce n’est pas gagné !

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *