Populisme et naissance de contre-sociétés post-idéologiques.


Populisme et naissance de contre-sociétés post-idéologiques.

Hier, les électeurs des pays dits démocratiques élisaient des politiques souvent sortis des mêmes moules et qui appliquaient des politiques modérées de droite ou de gauche qui différaient essentiellement sur des sujets de sociétés, mariage pour tous, PMA Etc.  Mais, aujourd’hui tout a changé, on rencontre de plus en plus de populisme, et les modérés assistent impuissants à l’épuisement de leurs modèles politico-institutionnels. Épuisements générés médiatiquement par de nouveaux pseudo élans de vertu de notre monde contemporain. Les discours revenant inexorablement à la morale, les électeurs négligeant eux les qualités politiques ou idéologiques qui sont pourtant nécessaires.

Absences de débats de fonds.

Les citoyens devenus télé-électeurs exigent aujourd’hui des politiques « propres » au sens populiste du terme. Ils sont prêts à accepter que les politiques soient beaucoup moins compétents, d’où souvent, une absence de débats de fonds sur les programmes, qui sont pourtant l’essence de la politique.

Lire article sur la communication politique :

 http://bernard-jomard.com/2017/09/05/electeurs-qui-vous-a-servi-le-meilleur-cocktail-de-communication-et-dinfluence-politique-au-cours-des-dernieres-annees/

Sommes-nous revenus aux thèses du controversé anthropologue psychologue social Gustave Le Bon, qui affirmait.

Les foules ne connaissant que les sentiments simples. Pour comprendre l’électeur, le citoyen,  l’homme, citons quelques phrases de Gustave le Bon « Les foules ne connaissant que les sentiments simples et extrêmes ; les opinions, idées et croyances qui leur sont suggérées sont acceptées ou rejetées par elles en bloc, et considérées comme des vérités absolues ou des erreurs non moins absolues. Il en est toujours ainsi des croyances déterminées par voie de suggestion, au lieu d’avoir été engendrées par voie de raisonnement. Chacun sait combien les croyances religieuses et certaines croyances politiques sont intolérantes et quel empire despotique elles exercent sur les âmes. N’ayant aucun doute sur ce qui est vérité ou erreur et ayant d’autre part la notion claire de sa force, la foule est aussi autoritaire qu’intolérante. L’individu peut supporter la contradiction et la discussion, la foule ne les supportent jamais. Et rappelons que la violence des sentiments des foules est encore exagérée, dans les foules hétérogènes surtout, par l’absence de responsabilité. Dans les foules, l’imbécile, l’ignorant et l’envieux sont libérés du sentiment de leur nullité et de leur impuissance, que remplace la notion d’une force brutale, passagère, mais immense.

Thèses pas très éloignées de celles de Dostoïevski.

Car, nous pourrions faire un parallèle entre notre monde d’aujourd’hui, et celui de Dostoeïsvki, auteur mû par un instinct nationaliste (très à la mode aujourd’hui) Dostoïevski exprimait ses craintes sur le destin de son pays et en dénonçait les mouvements révolutionnaires influencés par le libéralisme de l’Europe occidentale et l’athéisme, on pourrait rajouter aujourd’hui le consumérisme. On retrouve aujourd’hui les mêmes craintes chez les mouvements d’extrême gauche, d’extrême droite, et chez les islamistes.

Comme Dostoïevski, certains de nos politiques, certains intellectuels et journalistes portent aujourd’hui l’idée d’un  » homme nouveau «  qui devra faire face au grand jour ou combat entre les forces positives de cet homme nouveau et les puissances ténébreuses de la finance, de l’Europe, de l’immigration ou de l’islamisme.

Lire article sur les Post Bobos initiateurs du « en même temps » qui ont peut-être engendré cette défiance vis-à-vis des idéologies.  

http://bernard-jomard.com/2017/01/03/2017-les-neo-bobos-ont-pris-le-pouvoir/

Si on délirait un peu on pourrait écrire que cela est lié à l’évolution de l’homme

Car, nous sommes peut-être à une étape de notre évolution (un palier technologique comme disent les ingénieurs) et on pourrait se demander si l’homme n’est pas victime d’un vice de construction. Arthur Koestler tenta de déceler ce défaut, certaines données neurologiques expliqueraient que ce défaut est dû à la croissance extraordinairement rapide du cerveau humain. Cet excès de vitesse serait responsable d’un défaut de coordination entre les structures anciennes et les structures récentes de ce cerveau, d’où le divorce de l’émotion et de la raison. En simplifiant, l’homme disposerait de trois cerveaux, le reptilien ou paléo cortex qui guiderait notre instinct de survie de l’espèce (agressivité, sexualité, faim.) Le deuxième cerveau ou méso cortex guiderait lui nos sentiments, le troisième ou néocortex, propre à l’homme, est rationnel, il gérerait le langage et la pensée abstraite.

Mais où en sommes-nous aujourd’hui 

Si nous en revenons au populisme, il fut un temps ou ceux qui disaient des horreurs sur les adversaires, les religions, les réfugiés, le faisaient à voix basse. Aujourd’hui ce n’est plus le cas, tous et toutes aujourd’hui se lâchent, et on fait alors face à une violence verbale et sur les réseaux totalement décomplexés. De plus en plus , certains politiques, intellectuels ou leaders religieux, représentent le peuple dans ses passions les plus viles, on a quelquefois l’impression que certains souhaiteraient que l’ignorance soit au pouvoir et impose sa loi au savoir.

Les campagnes politiques, les articles dans certains médias d’aujourd’hui sont aussi caractérisés par l’émotion et l’affect. Tout devient émotionnel. Nous vivions assez paisiblement depuis quelques dizaines d’années grâce à l’alliance du cerveau rationnel et du cerveau affectif qui marginalisait le cerveau reptilien, cela est-il en train d’évoluer ?

Lire article sur les relations entre Donal Trump et les médias :

https://bernard-jomard.com/2017/11/23/donald-trump-fakes-news-4-verites-sur-relations-entre-les-medias-et-donald-trump/

Conclusion 11/2018

De très nombreux électeurs ou citoyens ressentent un mépris de la part des élites, des médias. Prenons garde, car si la haine n’est pas encore au pouvoir, cela pourrait venir. Le jour où des contre-sociétés s’installeront, cela prendra des années pour les déloger !

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