Start-up entre Rêve et Réalité


 

Sans vouloir faire du start-up Bashing, ni être ringard rabat-joie, quelques chiffres sur ces start-ups sur le digital et le numérique, et, sur les rêveries/utopies que nous partageons sur le « créateur solitaire » dans son garage (peut être situé sur un porte avions de l’US navy(:-)  …Créateur qui sera souvent masculin, les femmes souvent trop pragmatiques, étant un peu oubliées dans ces rêveries.

On croirait se retrouver aujourd’hui en 1830 lorsque le substantif « romantisme » fut utilisé, par opposition au classicisme, pour englober les aspirations convergentes de toute une génération, toute la jeune génération Y aspirant à travailler dans une « jeune & jolie & sexy  » Start up!

Un peu d’histoire: L’intérêt pour les startups (Jeune pouce ayant une organisation pseudo « désinvolte » par rapport aux codes établi) ne date pas d’hier, cela  a été une constante de l’histoire des bourses de valeurs, constatée en particulier dans les années 1920 à Wall Street, lors de la Radio Mania entourant les dizaines de startups profitant des progrès technologiques dans la Téléphonie sans fil,   prenant alors  le relais des spéculations constatées dès 1912 lors du Scandale Marconi(Un délit d’initiés, concernant la mise sur le marché de le compagnie Marconi, impliquant plusieurs ministres anglais dont l’un d’eux était le frère du directeur de la société . »Joli » côté de l’histoire, la  puissance du nouvel émetteur Marconi qui alertât les navires proches, permit de sauver de nombreux passagers du Titanic).

En France, la spéculation sur les StartUps, en particulier celles  exploitant la houille blanche, dopa les sept bourses de province à la fin des années 20.

Il faudrait peut-être aussi mettre les pendules à l’heure, les pures start-ups du numérique en France emploient (directement) aujourd’hui environ 10.000 personnes,à mettre en perspective des 24 millions de salariés , dont un nombre important utilise le numérique! sans être pessimiste vous avez aujourd’hui  presque autant de chance de travailler dans une start up du numérique, que de gagner à Euro-millions. Néanmoins de plus en plus de salariés travaillent dans le digital, cela, il ne faut pas le nier.

Quant aux succès-stories les licornes, on en dénombre trois en France, contre cinq en Grande Bretagne, 18 en Chine et plus de 80 aux USA.

Il faudrait peut-être aussi rappeler que les pratiques managériales des entreprises numériques, sont souvent très éloignées de ce qui est acceptables dans les entreprises dites classiques, il suffit de mesurer l’espace alloué aux codeurs, et autres développeurs souvent inscrits à Pole emploi, ou utilisant des entreprises de portage, ou alors , stagiaires ou en CDD. Ceux-ci travaillent souvent dans des cubes d’une surface correspondant exactement au minimum légal, c’est agréable vu de l’extérieur seulement!

Enfin, bien sûr, les jeunes créateurs de start-ups, ont presque tous, et cela est normal,  comme objectifs de gagner un maximum d’argent en un minimum de temps, afin de produire de beaux chiffres qui leur permettront de lever des fonds et éventuellement faire fortune.

A côté de Facebook ou Google qui offrent à leurs salariés des conditions très favorables, qu’en est-il des collaborateurs d’Amazon, Uber, et autres entreprises du numérique …

On doit alors se demander si l’économie donc l’emploi peuvent se moderniser (numériser) et, en même temps , fortement décliner à cause d’une baisse de la demande globale? Oui, et, c’est une évidence, nous sommes tous volontairement ou pas,  utopistes !

Les Start Up  numériques sont -elles entrain de créer une  grande révolution , comme le furent, la révolution industrielle, l’électricité  ou  le chemin de fer, ou simplement une révolution plus modeste comme la TSF ?

Si on s’intéresse à l’histoire économique, et,  si on regarde l’accélération de la croissance sur le long terme , à partir de l’an mille , on observe un doublement du PIB mondial en 1000-1500 : 500 ans,1500-1700 : 200 ans,1700-1820 : 120 ans,1820-1870 : 50 ans,1870-1913 : 40 ans,1913-1950 : 40 ans,1950-1965 : 15 ans, 1998-2010 : 12 ans.Cela nous amène aujourd’hui à un PIB Mondial en dollars internationaux à environ 74 000  milliards !

On peut donc se poser la question : avons-nous atteint la fin d’un cycle ? (Dans l’éternité tout est contemporain). Qui serait de surcroit parallèle à un secteur financier colossal et à une évolution invraisemblable de la démographie, car nous allons passer de 7.7 to 9.7 milliards d’habitants dans les prochaines 30 années, (Asie de 61% à 54%, Afrique de 13% à 25%, Amériques de 14% à 13%, Europe de 12% à 7%) Sommes-nous préparés à affronter ce choc sismique ?

Il est temps de se poser cette autre question, comment allons-nous gérer cette augmentation du nombre de terriens alors que le taux d’emploi diminue, exemple en France il est passé de 66 % en 1975 à 64 % en 2014,(en réalité si on enlève les stagiaires & autres on doit être à moins de 50%=  aux USA ou on considère que l’on est en plein emploi, il y a aujourd’hui le même nombre de salariés qu’en 2005, (alors que la population à largement augmenté depuis 10 ans)

Les progrès sociaux et technologiques que nous avons vécu aux cours des soixante-dix dernières années sont peut-être aussi lié aux évènements (destructions) de la seconde guerre mondiale suivi de l’écroulement du bloc soviétique, aujourd’hui quel événement déclencheur peut-il nous permettre d’absorber deux milliards de terriens de plus  dans les 30 ans.

Enfin pour progresser, une économie a besoin de nouveaux consommateurs ayant des moyens croissants de consommer, cela fut significatif en Occident dont la France de 1945 à 1975, beaucoup moins depuis.

A cela, s’ajoute aujourd’hui et pour la première fois, la forte augmentation des dettes publiques qui sont toujours suivies par une augmentation de la fiscalité qui génère une baisse de la consommation !

Pour être optimistes et en revenir aux femmes, citons celles qui ont réussi leurs Start Up

On commencera par citer Julia Bijaoui la fondatrice de la foodtech Fritchi , Alix de Sagazan a crée elle AB Tasty, une entreprise qui optimise les conversations en ligne, Et aussi Benedicte de Raphélis Soissan qui a fondé Clustree un outil algorithmique indispensable aux sociétés de recrutement.

Comme toujours, la bulle Start Up pourrait comme toutes les bulles éclater demain. On assistera tôt ou tard à un retournement lors de la prochaine tempête boursière. On a déja remarque que certains fonds quittent le tour de table, car incapables de suivre la valorisation. Hormis Blablacar & Criteo, (les deux en mutation)  les start up françaises ont montré leurs difficultés à s’internationaliser. Un gouffre culturel subsistera toujours entre les start up (temps court)  et les Grandes Entreprises (temps long)  malgré qu’une partie d’entre elles possède des incubateurs ou d’accélérateurs.

Conclusion.

Les arbres ne montent pas au ciel, et les nouvelles technologies(le numérique) ne seront pas les sauveurs de la France, Plus de 10.000 emplois directs aujourd’hui, combien demain, après demain  ?  ! Il va falloir être très créatifs , et vraiment s’intéresser aux activités industrielles, pharmaceutiques, agricoles, etc,  liées au vieillissement, et à la forte hausse de la population mondiale;

La question à nous poser en parallèle , doit on être un pur libéral, ou plutôt un ordo-libéral  et prendre des décisions afin, de faire face au déficit de la demande, sans pénaliser l’offre toujours trop faible en France, d’ou le déficit commercial.

Mes précédents articles sur le Digital:

Cyberattaques data banks et addictions tous coupables tous victimes

 

http://bernard-jomard.com/2018/03/23/quest-ce-que-le-marketing-dinfluence-digitale-en-2018/

http://bernard-jomard.com/2016/05/25/numerique-fin-prochaine-de-la-vie-privee/

 

 

Billet déjà publié sur plusieurs Huffpost et autres medias.

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