Russie L’Europe Préfère-t-elle le gaz de schiste américain au gaz naturel russe ?


Pourquoi l’Europe Préfère-t-elle le gaz de schiste américain au gaz naturel russe ?

Rappelons tout d’abord que La crise ukrainienne qui a débuté en novembre 2013 à cause de la décision du gouvernement ukrainien de ne pas signer l’accord d’association avec l’Union européenne a été le déclencheur de ce mouvement visant à éloigner l’Europe de l’Ouest de la Russie.

Cette crise généra des manifestations de très grande ampleur, manifestations manipulées ou pas, et par qui, là est la question. En réaction, la Crimée proclama alors son indépendance et vota pour son rattachement à la Russie, rattachement qui fut reconnu par la Russie, et, qui provoqua une crise diplomatique internationale.

Rappelons aussi que Les États-Unis, déjà leader de la production de gaz, sont également devenus le premier producteur de pétrole au monde. Selon la compagnie British Petroleum (BP), qui a publié récemment une étude sur l’énergie mondiale, la production américaine s’élève désormais à 12 millions de barils par jour (mbj), contre 11 millions pour l’Arabie Saoudite, Arabie qui descend une marche du podium, après des décennies de règne.

On notera, que L’augmentation de l’offre mondiale de gaz et pétrole a été largement portée par les États-Unis, dont la production a grimpé de 1,6 mbj depuis 2014, de loin la plus grosse croissance au monde.

Nous ne reviendront pas sur la crise Syrienne, conflit qui fit suite, et, c’est peut-être une coïncidence au choix de Bachar El Assad, de retenir le projet de gazoduc dit « Islamique » qui concurrençait le projet Qatar Arabie saoudite. Voir mon article : http://bernard-jomard.com/2017/07/09/guerre-qatar-arabie-saoudite-iran-syrie/

Ou en sommes-nous aujourd’hui sur ce marché du gaz , et sur les gazoducs pour l’acheminer ?

Le gazoduc Nabuco (origine Azerbaïdjan qui représente 10% des réserves Russes) a été abandonné.

Le gazoduc South Steam qui devait approvisionner l’Europe du sud via la mer noire. a lui été abandonné en 2014 sous la pression union européenne, il devrait être remplacé par TurkStream Turco-Russe)qui pourrait livrer jusqu’à la Grèce.

On notera aussi l’assez étonnant projet de gazoduc entre Norvège et la Pologne, alors que les réserves Norvégiennes diminuent.

Enfin, nous avons aussi le plus gros projet en cours, Nordsteam qui relie déjà directement la Russie à l’Allemagne en passant par la mer baltique. Lorsqu’il sera terminé en 2020, il devrait acheminer près de 60 milliards de M3 de gaz par an.

Quant à l’Europe du sud elle est aussi approvisionnée par l’Algérie, une source considérée comme assez instable par les professionnels, et, cela à cause de la santé de son président. Enfin l’Algérie songe à exploiter son gaz de schiste.

Que s’est-il passé depuis cette guerre civile en Ukraine en 2013 et depuis la confirmation des excédents américains en 2014 ?

Alors que le gaz naturel liquéfié coute plus cher que le gaz naturel. les européens ont formellement décidé par sécurité, de diversifier leurs sources, et, de construire des terminaux, Dunkerque en France a vu le premier terminal méthanier.

Ces décisions ont été prises sous la pression de L’Ukraine qui avait vu ses approvisionnement en gaz coupés suite au conflit bien sûr, mais aussi à cause du défaut de paiements de factures.

Et aussi sous la pression de la Pologne très anti Russe. Ce pays qui est un gros producteur de Charbon vient de construire un gros terminal méthanier sur la cote baltique. Grace à ce terminal, ce pays qui importe 80% de son gaz de Russie soit environ 10 milliards de M3 par an, va maintenant pouvoir diversifier ses sources et importer une partie de son gaz des Etats Unis, son allié historique. La Pologne négocie aussi un contrat d’approvisionnement avec le Qatar. Mon billet comprendre la Russie : http://bernard-jomard.com/2017/01/25/russie-2017-faire-leffort-de-comprendre-ce-pays/

Conclusion

Bien évidement toutes ces décisions sont le résultat d’une guerre géo économique entre les grandes puissance. Mais elles sont aussi dues au fait que nos dirigeants ont oublié que le monde était géré par des émotions, espoir, humiliation, peur, et ressentiments. Ce facteur émotions interculturelles a été intégré assez récemment par les économistes, car la prise en compte des dites émotions dérange le modèle standard de l’économie fondé sur la rationalité du comportement. Nos politiques eux n’ont pas toujours intégrés cette dimension, alors qu’on notera que de nombreuses décisions économiques sont en fait prises sous le coup de l’émotion. Mieux connaitre les facteurs émotionnels lire : http://bernard-jomard.com/2017/01/09/geo-economie-facteurs-emotionnels-les-comprendre/

Le  pire n’étant jamais certain il serait temps que les constructeurs occidentaux collaborent entre eux sur ce sujet, et, s’intéressent enfin à l’hydrogène.

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